Sous certains angles, le minaret semble flotter au dessus du bâtiment.
Le projet de mosquée de la Plage des Nations, pour le compte du promoteur Douja Promotion (Groupe Addoha), présentait pourtant une contrainte de taille : un site en pente, que l’agence Oualalou+Choi a su retourner en atout.
La journée, l’édifice laisse filtrer la lumière, et inversement la nuit tombée.
Vue depuis la route, la mosquée se dresse, massive et minérale, face à l’océan. Mais à s’avancer, l’édifice change de nature pour se transformer en esplanade à taille humaine. Un jeu d’échelle et de composition qui touche au spectaculaire au niveau du jardin de déambulation, sur le toit de la salle de prière. De là, le minaret, isolé visuellement de sa base, semble flotter au-dessus du bâtiment. L’effet recherché est celui d’une présence affirmée mais non démonstrative, d’une sobriété qui élève.
Sous les arches, des claustras finement ajourés.
À l’intérieur, la succession d’arches en béton blanc donne le rythme à une salle de prière où la lumière s’infiltre à travers un claustra finement ajouré. Heure après heure, les ombres glissent sur les murs, et le temps s’invite au cœur du recueillement.
Au-delà de l’exercice de style – mené par Chama Mehdaoui en tant qu’architecte cheffe de projet, Sofia Bennani, Kawtar Fakhet et Cyril Leonard –, cette mosquée illustre une ligne que l’agence revendique depuis ses débuts : ne pas opposer héritage et modernité. Quitte à réinterpréter aussi librement les codes du minaret que ceux de la voûte.