Photos Abderrahim Annag
On connaissait le premier écrin quartier Gauthier : pas d’enseigne tapageuse pour ce restaurant vegan aux murs gris recouverts de livres à emprunter, chaises chinées, chats bienvenus.
Ouvert en 2021 par Chama Tahiri, médiatrice culturelle, productrice, journaliste et activiste pour la cause animale, et Hanane Maatalla, entrepreneuse dans le secteur de la pâtisserie, Niya (« intention ») est, naturellement, un manifeste.
L’idée était de prouver qu’une cuisine 100 % végétale pouvait être généreuse, ancrée dans le terroir marocain, et ouverte à tous, que l’on soit vegan, curieux ou gourmand, et la pause café un moment culturel. Pari réussi : forte de son succès, l’enseigne a ouvert en juin une deuxième adresse, toujours à Casablanca.
Chama Tahiri, co-fondatrice de Niya. Le mobilier a été chiné ou réalisé par des artisans, comme cette table en terrazzo Atelier Element.
Éthique jusque dans le design
C’est au rez-de-chaussée d’un immeuble années 1950 du CIL que Niya troque son gris signature pour un rose gourmand, terrasse ensoleillée en prime. « Le premier restaurant à Gauthier s’inspirait de l’ambiance feutrée du Used Book Café de Merci, à Paris. Pour cette nouvelle adresse, je voulais quelque chose de romantique, de féminin », explique Chama Tahiri, qui a été accompagnée par l’architecte Zineb Latafi.
Mais la recette Niya reste inchangée : circuit court en partenariat avec La vallée des sens (produits bio) – voire très court quand les feuilles de figuier du jardin se transforment en sorbet (à tomber) –, démarche zéro déchet, emballages recyclés…
La terrasse du nouveau restaurant Niya au CIL.
Une intention écologique que l’on retrouve dans le design du lieu, qui fait la part belle au mobilier chiné et à l’artisanat local.
Chama Tahiri cite Souk Ould Mina et Souk Weld Malika pour les meubles et luminaires, Atelier Element pour les tables en terrazzo, The Anou pour le tapis circulaire à l’entrée, cette marketplace par les artisans, pour les artisans.
À l’entrée, un tapis de The Anou, des luminaires chinés, et un granito d’origine au sol.
Le résultat est un intérieur volontairement imparfait et chaleureux, loin de l’uniformité policée de nombreux restaurants. Car l’espace est pensé comme un lieu de vie plus que de simple passage : la bibliothèque communautaire invite à prendre le temps, un coin est dédié à la découverte de créateurs et produits locaux, et une programmation cuturelle se met en place. Niya s’assume comme un tiers-lieu culturel autant que gastronomique.
La bibliothèque communautaire invite à se poser.
Au rythme des saisons
Le menu, resserré et inspiré, évolue au rythme des saisons et se renouvelle chaque semaine. Les produits sont bruts, bio, bien maîtrisés. « Je travaille beaucoup au souvenir, à l’émotion qu’un goût m’a procuré », explique Chama Tahiri, dont les recettes sont toujours inventives. Ici, tout est fait maison, jusqu’au ketchup (de betterave).
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Un goût du détail qui fait que l’on vient pour l’assiette autant que pour l’atmosphère. Et une preuve, s’il en fallait, que la sobriété, dans le design comme en cuisine, peut devenir un vrai parti pris de style.
Niya
34 rue Sebou, Gauthier, Casablanca
4 rue Ain Asserdoune, CIL, Casablanca