Quelle expérience sensorielle vouliez-vous provoquer avec l’installation Aqua Sanctuary ?
On sort du vacarme de Milan : on entre, et tout se tait. Les visiteurs baissent la voix sans qu’on le leur demande. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette bascule immédiate : les arbres, la lumière, l’eau, puis le son qui prend le relais. Il y a deux ans, l’installation était en extérieur, plus ouverte. Cette fois, nous avons voulu aller beaucoup plus loin dans l’immersion.
Comment pense-t-on une expérience, au-delà du produit ?
Tout part du produit : des couleurs, des mitigeurs, des arrivées d’eau différentes, pour que chacun compose son propre espace. Mais l’expérience ne s’arrête pas là. Elle se joue aussi sur le terrain, dans la rapidité à fournir un échantillon ou un devis. Entre la conception d’un projet et sa livraison, le chemin est long, et c’est précisément ce chemin que nous essayons de raccourcir.
Comment faites-vous coexister une marque de volume et une offre de luxe ?
GROHE est leader du marché en volume dans la région IMEA. Toute la difficulté consiste à préserver ce socle en bâtissant une expérience de luxe avec GROHE SPA, sans le diluer. Aujourd’hui, nos équipes peuvent proposer à un même client un hôtel milieu de gamme signé GROHE et un hôtel de luxe signé GROHE SPA : les deux marques coexistent, chacune à sa place.
Comment cela se traduit-il au quotidien ?
Une grande partie de ce travail se joue sur des technologies capables de réduire la consommation d’eau sans sacrifier la sensation, en particulier sur nos douches. La logique de personnalisation permet ensuite à un designer de composer une salle de bains qui lui ressemble.
Diriger GROHE sur une région aussi diverse, qu’est-ce que ça change ?
La région IMEA rassemble 64 pays : l’Inde, le Moyen-Orient, la Turquie et toute l’Afrique. Chaque secteur (hôtellerie, santé, résidentiel) impose ses propres exigences, et nous avons construit des équipes dédiées à chacun d’eux. Ce qui nous distingue, c’est la confiance : certains marchés nous connaissent depuis plus de cinquante ans, avec un service après-vente qui ne les abandonne jamais.
En une idée, que retenez-vous de Milan cette année ?
On croit vendre un produit, on installe un silence. C’est ça que les gens retiennent.