Le dehors pour décor

À Ghazoua, face à la forêt et à trois kilomètres de l'océan, 550 mètres carrés de bois et de lumière pensés pour vivre dehors autant que dedans.

Photos Cécile Tréal

Le séjour s’ouvre tout entier sur la terrasse et la piscine : les baies escamotables rentrent dans les murs et effacent la limite entre dedans et dehors. Au fond, sur le mur de la terrasse, l’enseigne LOVE qui a donné son nom à la villa, récupérée d’une fête donnée pour les quarante ans de la maîtresse de maison.

La maison ne doit rien à un programme figé. Sur un hectare et demi à quelques kilomètres d’Essaouira, elle est née des voyages d’un couple et de ses six enfants, et des villas louées un peu partout dans le monde. « C’est un patchwork des choses qu’on a aimées », résume le maître des lieux. 

Autour de la cheminée, le lion sculpté par Juan Sanders, que la famille promène de maison en maison. Assises blanches profondes, table basse en bois massif et suspensions en fibres végétales qui rythment le volume sans l’alourdir.

De ces séjours, ils ont retenu de grandes ouvertures, beaucoup de soleil et des volumes généreux. Depuis la terrasse haute, le regard file vers les îles Mogador.
Le geste fort tient en une ligne de baies vitrées escamotables qui disparaissent dans les murs. « L’intérieur peut vite devenir l’extérieur », explique le propriétaire. La grande pièce à vivre échappe au plafond plat : sept voûtes la coiffent, elles donnent du volume, aèrent et piègent la chaleur en hauteur. 

Une table en bois massif et des assises sobres, sous une suspension sculpturale. Sur les étagères, quelques objets rapportés de voyage.

Un parti pris tropical « ramené d’Indonésie, d’Afrique, de nos voyages ».
Le bois est partout, matière de prédilection du propriétaire. Au sol, il dialogue avec de grandes dalles d’un mètre vingt, choisies pour limiter les joints. Murs blancs, palette neutre. La couleur, rare, se loge dans les salles de bain, en faïences de Safi déclinées en plusieurs teintes, avec une préférence pour le bleu turquoise, qui « fait un peu océan ».

Ouverte sur le séjour, la cuisine et son îlot accueillent les petits déjeuners en famille. La grande fenêtre cadre le jardin et capte la lumière du sud.

La décoratrice Pauline Fournier, basée à Rabat, a chiné de grandes assises profondes, des tables en bois épais et de larges tapis clairs. L’îlot de la cuisine ouverte sert les petits déjeuners ; un petit salon télé ménage un coin à l’écart. La maison se vit ainsi à deux échelles : on s’y réunit, on peut tout aussi bien s’y isoler. La chambre principale, vaste, reste meublée simplement, et la douche, largement vitrée, s’ouvre sur le jardin.

La suite parentale ouvre sur la forêt en face et sur la piscine à gauche. Un mobilier sobre, aux lignes pures, laisse la vue et la lumière occuper l’espace.

L’eau n’est jamais loin. « C’est notre ADN », assure celui dont la famille de surfeurs voyage avant tout pour les vagues. La villa doit son nom à une enseigne lumineuse, « LOVE », créée pour les quarante ans de la maîtresse de maison et accrochée en terrasse.
Dans le salon veille un lion sculpté signé Juan Sanders, peintre et sculpteur installé à Tarifa. Les murs, encore sobres, attendent quelques objets chinés et des planches de surf. « On laisse faire tout doucement la vie », sourit le propriétaire. Les chambres d’enfants prennent leur couleur par la salle de bain ; l’une s’ouvre sur une mezzanine et son filet. En contrebas, une pièce absente des plans, née de la pente du terrain, deviendra salle de jeux et chambre d’amis.

Côté piscine, la pierre et les grandes baies ouvertes laissent deviner le séjour. À droite, le bar en bois de la terrasse. Posée sur un hectare et demi, la maison déploie son plan autour de la piscine. Au-delà du jardin de palmiers et d’oliviers, le regard rejoint l’océan.

Dehors, la piscine chauffée s’abrite du vent du nord grâce à l’implantation en L de la maison. Bar en bois, poulailler, arbres et petit jardin planté complètent le terrain.
Résidence secondaire, la villa joue la carte de la sobriété : peu d’objets, lignes nettes, matières franches. Une maison de retrouvailles, ouverte sur la forêt et tournée vers l’océan.

Table et chaises tulipe face au paysage. Au loin, la forêt et la ligne de l’océan, vers les îles Mogador.

Inscription à la Newsletter

Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.