Studio Rachad, intérieur jour

En dix ans, l’agence de Hamza Rachad s’est imposée comme un incontournable de l’architecture d’intérieur commerciale à Marrakech.

Photos Studio Rachad

 

Le zellige s’érige en œuvre d’art dans cette série en édition limitée.

L’architecte et designer Hamza Rachad.

« Revenir au Maroc était une évidence. » Formé à l’école spéciale d’architecture de Paris, Hamza Rachad aurait pu poursuivre une carrière internationale toute tracée. Mais après quelques années à travailler pour le département architecture et design de marques de luxe (Christian Dior, Louis Vuitton), l’appel du pays se fait sentir. « J’avais fait le tour, j’estimais que j’avais assez d’expérience pour me lancer seul », confie-t-il. 
L’intuition était juste.

Lorsque le jeune architecte revient s’installer dans la ville où il a grandi, le marché est en pleine mutation. Les grandes enseignes internationales s’implantent progressivement dans le pays, et les marques locales doivent suivre en professionnalisant leurs espaces.

Studio Rachad à Sidi Ghanem.

« On observait un intérêt pour l’architecture commerciale. Les gens commençaient à comprendre qu’ils avaient non seulement besoin d’un architecte, mais aussi d’un architecte d’intérieur », explique-t-il.

Depuis, Studio Rachad a signé divers espaces commerciaux identifiables à leur ligne directrice claire : une simplicité travaillée où la fonctionnalité passe toujours avant l’esthétique, et une forte présence d’artisanat marocain. 

Pour les boutiques de la marque d’artisanat Chabi Chic, par exemple, il compose un vocabulaire fait de zellige au sol, travertin en étagères, dans un ensemble très épuré. « Rien n’est superflu, tout doit être justifié. »

Aujourd’hui, son univers s’articule autour d’un écosystème complet installé à Sidi Ghanem : une agence d’architecture d’intérieur avec une dizaine de collaborateurs, un showroom, et un atelier utilisé pour le prototypage. Car Hamza Rachad n’est plus seulement architecte d’intérieur. En pleine pandémie de Covid-19, contraint de fermer temporairement son agence, il réalise un vieux rêve : créer une marque de mobilier marocaine, sobrement baptisée R.
L’aventure prend rapidement forme : plus de 400 références (car tout est personnalisable), fabriquées à 90 % avec des matériaux locaux, et intégrant autant que possible l’artisanat marocain. Les collections puisent dans la palette du pays : le vert des oliveraies, le terracotta signature de la ville, et un jaune miel lumineux.

Les lampadaires FL11 créés par Studio Rachad.

Le showroom est également ouvert à des créateurs qui matchent avec cette sobriété ancrée dans les savoir-faire locaux, et l’écho devient vite international : la moitié de la clientèle est étrangère.

L’architecte de 37 ans imagine déjà la suite : des collections capsules en collaboration avec des marques de bougies, de tapis ou de céramique, pour prolonger ce dialogue entre fonctionnalité, artisanat et design contemporain.

En développant sa marque de mobilier, Hamza Rachad a aussi créé une série de huit fleurs sculpturales en éditions limitées. Un geste qui a déclenché chez lui une nouvelle dynamique créative : « C’est le prolongement logique : architecture, architecture d’intérieur, design de mobilier… pour arriver à l’art, qui est la forme la plus dénuée de contraintes. » Son objectif aujourd’hui : aboutir à une trentaine d’œuvres, qui seront présentées lors d’un vernissage en ce début d’année.

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.