Souad Bennani Smires, la lumière née de l’ombre

À Casablanca, AA Gallery consacre une exposition personnelle à l’artiste, avec une cinquantaine d’œuvres entre peinture, sculpture et installations. Vernissage le 3 novembre.

Souad Bennani Smires, Sans titre, 2026. Huile sur toile, 170 x 150 cm

Avec « Umbra », AA Gallery (African Arty) invite à entrer dans l’univers de Souad Bennani Smires, artiste casablancaise qui y déploie une cinquantaine de pièces. La scénographie fait dialoguer ses toiles avec ses sculptures et ses installations, pour un parcours qui montre toute l’étendue de sa pratique.

De l’infiniment petit à l’infiniment grand

Sur ses toiles, on croit d’abord reconnaître des cellules, des alvéoles, des lignes ondulantes. Puis l’échelle bascule, et ces mêmes formes évoquent des reliefs, des strates, des paysages géologiques. L’artiste ne cherche pas à reproduire la nature : elle s’en inspire pour dessiner des territoires intérieurs, faits de ruptures, de zones d’ombre et d’éclaircies.

 

Souad Bennani Smires, Sans titre, 2026. Huile sur toile, 180 x 160 cm

Le titre de l’exposition vient du latin umbra, qui signifie « ombre », « obscurité » ou « silhouette ». Chez Souad Bennani Smires, la lumière ne chasse pas l’ombre : elle en surgit par éclats, à travers des transparences et des jeux de matière, comme si elle émergeait de la surface même.

Cette recherche prend racine dans ses premiers dessins, au feutre et au stylo bille, où des formes organiques apparaissaient sur des fonds parfois entièrement noirs.

Aujourd’hui, c’est surtout la peinture à l’huile qui porte son travail. Sa palette reste souvent proche des tons de terre, relevée par quelques passages de bleu ou de rouge. Le brou de noix et le fusain, utilisés ponctuellement, ajoutent du relief et de la profondeur aux surfaces.

Un parcours entre Casablanca, Lausanne et la France

Née à Casablanca en 1970, où elle vit et travaille, Souad Bennani Smires s’est formée aux arts visuels à Lausanne, puis au design graphique à Casablanca. Elle a d’abord fait carrière dans la publicité. À partir de 2010, un séjour en France lui permet de fréquenter des ateliers d’art et de s’initier à la sculpture.

Sa formation en psychothérapie relationnelle, en 2016, ouvre ensuite la voie à un imaginaire plus libre, nourri de formes oniriques et de gestes spontanés. Après le confinement, elle réalise une grande série de dessins avant de se consacrer à la peinture.

AA Gallery, 39 Zahrat Aloualoua (Beauséjour), Casablanca

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