Un design qui coule de source

On ouvre le robinet sans y penser. Pourtant, dans un pays qui manque d’eau, ce geste du quotidien devient une question d’architecture.
Le matin, on ouvre la douche et on attend que l’eau chauffe. On se rince, on referme. Personne ne compte. Mais répétez ce geste dans les cent chambres d’un hôtel ou les quarante appartements d’un immeuble, chaque jour, pendant des années. Le robinet n’est plus un simple détail de décoration. Pendant longtemps, on a choisi une salle de bains sur son allure : une belle vasque, une finition laiton ou noir mat, une manette agréable en main. Aujourd’hui, une autre question s’ajoute à la liste : combien consomme-t-elle ?

Le bout du tuyau

Le Maroc traverse des années de sécheresse. On parle beaucoup des barrages, du dessalement, de l’agriculture. On parle moins de ce qui se passe à la fin du parcours, dans nos salles de bains. C’est pourtant là que l’eau est utilisée, et souvent chauffée. Les règles de construction commencent à en tenir compte. Les bâtiments neufs doivent déjà respecter une réglementation thermique, centrée sur l’isolation et l’énergie. Les projets qui visent un label international, comme LEED, BREEAM ou HQE, vont plus loin : dans leur grille d’évaluation, la consommation des robinets et des douches rapporte des points, ou en fait perdre.

Prouver, et plus seulement promettre

Pour les architectes, la manière de choisir change. Un robinet ne doit plus seulement être beau, il faut pouvoir prouver ce qu’il consomme. Les fabricants fournissent désormais des documents détaillés sur l’impact de leurs produits, de l’usine jusqu’au recyclage. GROHE va jusqu’à y inclure l’énergie nécessaire pour chauffer l’eau. Le raisonnement est simple : une douche qui débite moins demande aussi moins d’eau chaude. Économiser l’eau, c’est donc aussi alléger la facture d’énergie.
 

Moins d’eau, sans y perdre

Reste une crainte que beaucoup partagent : une douche économe est-elle forcément une douche décevante ? C’est tout le défi des fabricants. Rencontré à Milan au printemps dernier, Stefan Schmied, qui dirige GROHE sur la région Inde, Moyen-Orient et Afrique, le résume ainsi : « Une grande partie de ce travail se joue sur des technologies capables de réduire la consommation d’eau sans sacrifier la sensation, en particulier sur nos douches. »

Selon la marque, certains de ses systèmes permettent de consommer jusqu’à deux fois moins d’eau. L’usager, lui, ne devrait rien remarquer. Et c’est peut-être la meilleure mesure de la réussite : demain, le bon robinet sera celui dont on n’a plus à se soucier.

 

 
 
 
 
 
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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.