Frou Akalay : « Les MIDA, c’était un peu comme un premier bal »

Directrice générale du Groupe Archimedia et fondatrice des Moroccan Interior Design Awards (MIDA), Frou Akalay revient sur une première édition réussie et une profession en quête de structuration.

Quel regard portez-vous sur cette première cérémonie ?
Je ressens avant tout beaucoup de fierté d’avoir contribué à installer une véritable scène pour le design d’intérieur au Maroc. C’est un rendez-vous qui manquait. Aujourd’hui, il existe, il est légitime, et il a l’élan nécessaire pour grandir et évoluer.

Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans les projets présentés ?
La diversité. Des styles, des écritures, des partis pris. Il n’y a pas une seule manière de faire du design d’intérieur au Maroc, et cette pluralité s’est exprimée avec beaucoup de liberté.

Les candidatures ont-elles répondu à vos attentes ?
Oui, clairement. Il y a ceux qui n’ont pas peur de la nouveauté, ceux qui soutiennent le projet dès le départ. C’est avec eux que nous avons construit cette première édition, et j’aimerais vraiment les remercier.

Cette édition a-t-elle fait émerger des talents ou des signatures que vous ne connaissiez pas ?
Oui, bien sûr. Le jury, comme nous, a découvert des projets, des profils d’architectes et de designers qui n’étaient pas forcément sous notre radar. C’est précisément l’essence des MIDA : mettre en lumière les talents de l’ombre, ceux qui travaillent avec justesse mais qui manquent parfois de visibilité.

Observez-vous des tendances ou des partis pris esthétiques dominants dans les projets soumis ?
On perçoit une attention croissante portée à la matière, à l’usage, au détail juste. Moins d’esbroufe, plus de sens. Une recherche d’équilibre entre esthétique et vécu.

Comment qualifieriez-vous l’identité du design d’intérieur marocain telle qu’elle s’est exprimée à travers les candidatures ?
Je dirais qu’elle est à l’écoute. Le designer d’intérieur est avant tout un metteur en scène qui écoute son client, le maître d’ouvrage, le contexte. Ce qui ressort, ce sont des projets empreints de justesse et d’honnêteté.

Quelles réactions avez-vous reçues de la profession depuis la cérémonie ?
Des réactions très enthousiastes. Ceux qui ont suivi de près sont heureux de cette reconnaissance accordée au design d’intérieur. Ceux qui observaient d’un peu loin regardent aujourd’hui avec plus d’ouverture. C’était un peu comme un premier bal.

Comment envisagez-vous la deuxième édition ?
La deuxième édition conservera la même philosophie : une année d’événements pour fédérer l’écosystème du design d’intérieur. Il y aura sans doute de nouvelles catégories, notamment autour des espaces d’enseignement. J’espère aussi que nous réussirons à intégrer davantage le volet artisanat, qui mérite pleinement sa place dans cette réflexion.

Les MIDA ont-ils vocation à s’ouvrir à d’autres pays africains ?
Oui, mais dans le temps. Cela pourra se faire à travers une catégorie dédiée ou par l’élargissement du jury. Pour l’instant, notre priorité est de poser et affirmer l’identité marocaine avant de s’ouvrir à l’échelle du continent.

Comment les MIDA peuvent-ils contribuer à structurer davantage la profession ?
Le design d’intérieur est aujourd’hui un secteur encore peu structuré. J’espère que cet engouement encouragera les professionnels à se rassembler, à dialoguer, à définir des cadres communs. Les MIDA peuvent être un point de convergence, un espace de reconnaissance, mais aussi un levier pour faire émerger une profession plus lisible, plus affirmée.

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.