Contre-jour à Anfa Hills

À Anfa Hills, sur les hauteurs de Casablanca, Fouad Lahlou réconcilie la vue et la lumière.

Photos Alessio Mei

Le salon en double hauteur, vu depuis l’intérieur. Le sol en marbre Armani Bronze et les miroirs fumés prolongent la profondeur de l’espace.

Le terrain était un paradoxe. Perché sur les hauteurs d’Anfa Hills, il offrait une vue dégagée sur l’océan Atlantique. Mais ici, vue sur mer et ensoleillement sont deux promesses qui s’ignorent. C’est cette équation que Fouad Lahlou, fondateur de Workshop Design, a choisi de résoudre avant même de poser une ligne sur le papier.

Le salon s’ouvre entièrement sur l’océan. Les luminaires en grappe structurent le volume sans l’alourdir.

La réponse est dans la forme. Une villa en U, deux corps de bâtiment qui se décrochent autour d’un patio central. « C’est la contrainte qui a créé le concept, pas l’inverse », précise l’architecte.

La façade traversante capte le soleil au sud, tandis que les espaces de réception s’ouvrent au nord sur l’océan. La lumière circule. La vue demeure.

Le salon et le séjour se déploient en un seul volume traversant, ouvert sur l’océan et la terrasse. Le sol en marbre Armani Bronze unifie les deux espaces.

Sur un terrain de 1000 m², la maison n’occupe que 250 m² au sol. Pourtant, personne n’en a l’impression. La transparence qu’autorise le U fait dialoguer les volumes entre eux : depuis le séjour, on aperçoit le salon de l’autre aile comme une maison dans la maison.

L’architecte a travaillé en demi-niveaux pour optimiser la vue. On entre côté rue au niveau zéro, puis on monte d’un mètre pour rejoindre le salon, la terrasse, la piscine. Le sol de la terrasse affleure exactement celui du salon. Quand les grandes baies vitrées s’effacent, la frontière entre dedans et dehors disparaît avec elles.

Un escalier en structure métallique, marches en bois et garde-corps suspendu dans le vide, dessert l’étage où se loge la suite parentale sous un porte-à-faux de quatre mètres, véritable tour de contrôle sur la corniche.

Dans le séjour, les habillages en eucalyptus et une console aux lignes sobres installent une atmosphère plus retenue. Mobilier SKLuxury.

À l’intérieur, le salon en double hauteur crée un effet cathédrale, amplifié par des miroirs fumés. Le sol en marbre Armani Bronze installe une chaleur sourde.

Le séjour, plus intime, bascule vers un parquet point de Hongrie et des habillages en eucalyptus. L’aménagement a été confié à SKLuxury.

De cette chambre, l’Atlantique s’étend à perte de vue. Les baies d’angle font de l’horizon un tableau permanent au réveil.

La piscine, tracée en L, longe la terrasse d’un côté et forme un couloir de nage de l’autre. Le soir, la maison illuminée s’y reflète entièrement.

En contrebas, plutôt qu’un sous-sol, une suite d’amis avec cour anglaise végétalisée où la lumière tombe d’en haut, les plantes débordent, l’air circule.

Dans cette maison, les propriétaires disent ne jamais se sentir chez eux ; ils se sentent en vacances. L’Atlantique en fond de scène, le soleil en coulisses.

Vue depuis le jardin à la tombée de la nuit. La piscine tracée en L reflète la façade illuminée. Le salon et la salle à manger, visibles depuis l’extérieur à travers les grandes baies, révèlent la profondeur du plan en U.

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.