Depuis 2015, la Galerie H accueille des designers aux parcours très différents. Pour sa dixième exposition, elle réunit sous un même toit vingt-sept designers de ses éditions successives.
Chacun a carte blanche et dévoile une œuvre ou un ensemble d’œuvres inédites. L’exposition D.I.X trace ainsi un panorama du design marocain contemporain dans toute sa diversité.
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L’exposition part de cette question : comment leur travail a-t-il évolué ? D.I.X n’est donc pas une rétrospective. Les créateurs des premières éditions y côtoient ceux des plus récentes, et le sujet, ce sont eux.
Des œuvres très différentes les unes des autres, mais qui partagent toutes un même attachement aux savoir-faire et au patrimoine. Un portrait collectif fait de vingt-sept portraits individuels.
Le patrimoine réinterprété
Le bois, le laiton, la céramique, le textile, le zellige, le cuir ou le fil de fer se croisent dans l’exposition, avec des écritures très variées.
Kamil Hajji présente Entre ciel et terre, une sculpture monolithique en zellige de 1,94 m dont les failles sombres disent la fragilité du lien entre spirituel et matériel.
Younes Duret transforme lui aussi le zellige avec sa Fluffy Zelly Collection : une table d’appoint et un miroir en résine bio, aux formes souples et organiques.
Sophia Chraibi Giorgi offre avec Dalou un paravent dont les lanières de cuir entrelacées prolongent la géométrie du zellige en paroi ajourée.
Myriam Mourabit, avec Matrice, élève l’empreinte amazighe au rang de « lingot d’or ».
Des récits et des mémoires
Kanza Ben Cherif puise dans les codes graphiques touaregs et sahraouis pour ses miroirs Akal et Tizit, l’un évoquant la boussole de la croix d’Agadez, l’autre le voile de la mlahfa.
Houria Afoufou signe Qamariyā, un paravent en vitraux réalisé avec la vitrailliste Laila Benyahia, où trois figures inspirées du Pop Berbère et de l’univers de Chaïbia Talal peuplent un monde naïf et fantasque.
Hicham El Madi livre Racines, un buffet en chêne à la silhouette ondulante, dont une calligraphie arabe peinte à la main se dissout dans le veinage du bois.
Mouna Fassi Fihri propose Masks, un trio de miroirs interactifs inspiré des tatouages berbères, et une coiffeuse Flamingo.
La matière et le geste
Abdou Diouri joue du porte-à-faux avec Ancrage, une table basse en acier, béton et bois massif dont le plateau s’élance dans le vide.
Soukeina Hachem présente Aman, un tapis mural en soie et laine inspiré du mouvement de l’eau, produit avec ARTCO.
Yassine Hmichane, également scénographe de l’exposition, imagine Alveo, un bureau en chêne ambré et cuir qui emprunte sa forme au lit d’une rivière.
Samir Chaoui, ébéniste de la cinquième génération d’une dynastie fassie, expose Osmose, un vaisselier aux portes sculptées comme une faille rocheuse.
Les formes qui racontent
Taha El Qortbi signe Framento, un canapé de 3 m inspiré des roches volcaniques italiennes. Ulrich Zouanda façonne des Gazelles en fil de fer galvanisé.
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Salima Abdel-Wahab présente Tour de Babel, une pièce de haute couture qui mêle les tissus.
Soufiane Tiglyene signe quant à lui L’instant Zéro, un grès émaillé aux teintes incandescentes qui évoque le Big Bang.
Et la liste est encore longue ! On retrouve aussi dans cette exposition Ayoub Ariba, Marya Belkhou, Kenza Bennani, Nadia Berriss, Mohcyn Bousfiha et Mouad Mohsine, Khalid Darnaoud, Hind Kharifi, Mehdi Khessouane, Wafa Kiran et Marie Lloret.
Une scène qui a pris de l’ampleur
Tout a commencé en février 2015 avec l’édition Marhaba : une demeure d’inspiration marocaine reconstituée par trois designers, sous le signe de l’hospitalité.
Depuis, chaque édition a invité un collectif à explorer une thématique : environnement, patrimoine, identité, espoir, ouverture sur l’Afrique.
Pour Kenza Bensalah, administratrice du Groupe Holmarcom, D.I.X met avant tout en lumière « une scène créative qui n’a cessé de se développer, de se renouveler et d’affirmer son identité ».
Portée par le groupe Holmarcom dans le cadre de sa politique de mécénat, la Galerie H offre aux designers marocains un espace d’expression et de visibilité. Elle les accompagne de la conception de leurs pièces jusqu’à la rencontre avec le public, en leur laissant l’entière liberté de leur écriture.
Cet accompagnement se prolonge toute l’année dans le concept-store, entièrement repensé pour cette dixième édition. On y trouve une sélection d’objets de décoration, d’accessoires, de bijoux et de mode, tous made in Morocco.
181 boulevard d’Anfa, angle rue Halima Saâdia, Casablanca
Ouverte au public à partir du 14 octobre 2026
Du mardi au samedi, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h