Intitulée « Œuvre en héritage », l’exposition s’est ouverte le 29 avril et court jusqu’au 31 août. Elle retrace près de sept décennies d’un parcours créatif hors du commun.
Né à Assilah en 1936, Mohamed Melehi a traversé les grands courants artistiques du XXe siècle. De Séville à Rome et de Paris à New York, il a forgé son langage en dialogue constant avec l’abstraction internationale, avant de revenir ancrer son œuvre dans une identité profondément marocaine. C’est de cette tension féconde qu’est né son motif le plus célèbre : l’onde. Une forme sinueuse, répétée, qui est devenue au fil des années sa signature visuelle et le symbole d’une quête jamais abandonnée : celle de réconcilier modernité universelle et héritage culturel.
Un voyage dans le temps
Le parcours proposé par le musée est à la fois chronologique et cartographique, invitant le visiteur à voyager avec l’artiste de la fin des années 1950 jusqu’en 2020, année de son décès. On y retrouve des œuvres historiques majeures, enrichies d’archives personnelles confiées par la famille de l’artiste telles que des photographies, documents, correspondances.
La rétrospective ressuscite également tout un pan de l’histoire culturelle du Maroc. Les années 1960 à 1980 y occupent une place particulière : ce sont celles de l’École de Casablanca, ce mouvement collectif dont Melehi fut l’un des acteurs essentiels, aux côtés de Farid Belkahia et Mohamed Chebaa. Ensemble, ils ont posé les jalons d’un art marocain moderne, affranchi des conventions académiques héritées du colonialisme, enraciné dans les formes et les traditions locales.
Melehi a par ailleurs joué un rôle déterminant dans le renouvellement de la pédagogie artistique au Maroc, convaincu que la formation des nouvelles générations était inséparable du projet culturel qu’il portait.
L’onde, chez lui, n’est donc jamais un simple ornement. Elle est mouvement, collectif, métaphore d’une société en transformation. Dans chaque toile, quelque chose déferle et se répète.
« Œuvre en héritage » s’inscrit dans la continuité des missions de la Fondation nationale des musées, dont la vocation est de promouvoir les artistes marocains et de transmettre un patrimoine culturel vivant. Une ambition que cette exposition incarne avec une force particulière, en offrant enfin à Melehi la rétrospective qu’il méritait.