Papillon de l’Atlas

Sur l'ancienne route de Fès, Fred et Rosena Charmoy métamorphosent l'atelier du peintre Patrice Arnaud en sanctuaire bohème conjuguant créativité et hospitalité.

Vue aérienne de Farasha Farm House nichée dans son écrin d’oliviers centenaires, trente kilomètres au nord de Marrakech.

 

trente kilomètres de Marrakech, la route de Fès dévoile ses secrets les mieux gardés. C’est ici, dans ce paysage où les oliviers centenaires ponctuent les contreforts de l’Atlas, que Farasha Farm House dessine sa silhouette bohème contre le ciel changeant. Une propriété singulière née de la rencontre entre l’héritage d’un peintre français et la vision créative d’un couple épris d’authenticité.

L’ancienne demeure-atelier de Patrice Arnaud où l’architecture de terre ocre se mêle à la végétation du domaine.

 

L’histoire commence en 2021 lorsque Fred et Rosena Charmoy découvrent cette ancienne demeure-atelier de Patrice Arnaud. Derrière Boutique Souk depuis deux décennies, le couple entreprend une métamorphose de cette oeuvre bohème aux vues cinématographiques sur les montagnes et à la lumière si particulière. Farasha. En arabe, « papillon » – symbole de métamorphose et d’ascendance. 

Le salon principal structuré par sa cheminée en briques dorées. Fauteuils blancs et végétation tropicale composent l’espace.

 

Le mot traduit la vision du couple, celle d’une renaissance respectueuse. Une équipe d’artisans dévoués transforme l’ancien atelier voûté aux plafonds cathédrales en suites spacieuses, tandis que le niveau inférieur renaît en espaces de vie généreux. L’architecture dialogue avec plusieurs sensibilités créatives. Rosena Charmoy évoque ses collaborateurs : « Aire au Carré ont construit la ferme principale, Marius Boulesteix de Panpriape signe les jardins, Idriss Karnachi du Studio Noss Noss réalise la nouvelle maison ranch tandis qu’Amine El Gotaibi assure la direction artistique ».

Dans le grand salon, les fauteuils en cuir camel s’accordent aux niches murales abritant des objets artisanaux, tandis qu’une œuvre d’Amine El Gotaibi habille le mur.

 

Évolution naturelle de l’expertise événementielle du couple, cette ancienne ferme bohème devient un carrefour permanent entre hospitalité et créativité, brouillant les frontières entre hébergement, art, musique et bien-être dans un contexte profondément marocain. L’ancienne demeure accueille aujourd’hui quatre suites aux caractères distincts, de la CASITA intimiste aux plafonds tataoui traditionnels aux suites LEEL et YOOM, cavernes lumineuses perchées sous les combles réinventés avec leurs vues panoramiques sur l’Atlas. Les tapis sur mesure de Beni Rugs s’accordent aux installations d’Amine El Gotaibi qui ponctuent les volumes de leur présence sculpturale. 

Coin bureau intimiste sous plafond en tataoui apparent. La suspension en osier et le mobilier en bois noble composent un espace baigné de lumière naturelle.

 

L’acquisition la plus remarquable reste cette bibliothèque issue du domaine familial de Diana Vreeland, léguée par son fils Freck, ancien ambassadeur américain au Maroc. Témoins d’aventures créatives passées, des objets trouvent ici une seconde existence. Un chariot à jus d’orange traditionnel, peint à la main par Laurence Leenaert de LRNCE STUDIO pour son propre mariage, trône désormais sur la terrasse ombragée. Aux fourneaux, Aniss Meski propose une approche culinaire « farm-to-table ». Les légumes de saison, salades et herbes aromatiques des jardins de la ferme composent une cuisine méditerranéenne familiale, enrichie de l’huile d’olive des quatre cents oliviers de la propriété. Les dîners sous les oliviers bicentenaires constituent l’un des moments phares de l’expérience, avec leurs guirlandes illuminant les repas sous un ciel étoilé. « Nous sommes actuellement en expansion et nous ajoutons une maison ranch avec 7 grandes suites, nous aurons donc 11 suites et une capacité de 22 hôtes en 2026 car nous accueillerons de nombreuses retraites bien-être en 2026 », annonce Rosena Charmoy. 

Les suites rehaussées de tapis sur mesure Beni Rugs et d’œuvres d’art contemporain, dans des tons de terre et d’ocre.

 

Au-delà de l’hébergement, Farasha cultive l’art de vivre sous toutes ses formes. Les randonnées guidées dans les montagnes avec Abderressak, guide et voisin, révèlent la faune locale, tandis que Mehdi El Amrani alias Dimey ponctue certains dimanches de sa programmation musicale, transformant brunch, baignade et déjeuner en parenthèse hédoniste. Un lieu où l’ancien atelier de Patrice Arnaud continue d’inspirer, entre création et hospitalité. 

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.