La piscine intérieure baignée de lumière naturelle. Le rideau métallique dessine en arrière-plan le motif du flux et reflux de l’océan. Les panneaux de chêne Laudescher rythment l’espace tandis que la lumière filtrée par la verrière joue sur les surfaces.
Lotfi Sidi Rahal a d’abord fait parler de lui dans les musées. Son Nomambule, conçu à
21 ans pour les nouveaux nomades urbains, portait déjà les fondements de son approche : une recherche sur le mouvement, sur la dynamique des formes, et sur la capacité d’un espace à mettre les corps en action autant que les émotions en mouvement.
Depuis, le fondateur d’Atelier Pod, agence basée à Paris, Casablanca et Dubaï, signe régulièrement des projets hôteliers pour des enseignes comme Anantara, Mariott ou Four Seasons. La piscine intérieure du spa s’inscrit dans cette continuité.
Une alcôve de repos en bordure du bassin. La lanterne traditionnelle dialogue avec les lignes contemporaines du rideau de chaînes.
Concevoir au Maroc n’allait pourtant pas de soi. « Ce n’est jamais simple de travailler avec une matière culturelle dans laquelle on a grandi, confie l’architecte. Il faut trouver la bonne distance, éviter à la fois la nostalgie et le cliché. » À Rabat, il ne s’agissait pas d’importer un modèle mais de composer avec un ancrage historique fort, l’élégance de la ville et la proximité de l’Atlantique. Le spa devait être intériorisé, feutré, avec un luxe qui se révèle dans la nuance plutôt que dans l’effet immédiat.
Détail des panneaux acoustiques sculptés en trois dimensions. Le travail du bois alterne pleins et creux pour moduler la lumière.
La lumière naturelle entre par une verrière en toiture, filtrée par des panneaux ajourés aux motifs d’arcades dont chaque percement possède une orientation différente pour casser la réflexion des rayons. En fin de journée, une constellation de points lumineux basse intensité prend le relais, suspendus autour du bassin comme une ceinture de petits chandeliers. Les panneaux de chêne sculptés en trois dimensions, signés Laudescher, jouent sur les volumes et le rythme tandis qu’un rideau métallique reprend le motif du flux et reflux de l’eau sur le sable, ces contours d’écume que dessinent les lames qui se superposent.
Le hall de réception. Les murs en courbes sont revêtus de feuilles minérales reproduisant l’aspect du pisé traditionnel.
Les hammams affirment deux caractères distincts : sombre et intense pour les hommes, lumineux et doux pour les femmes. Basalte sur les bancs de la salle chaude, granite sur les tables de gommage. La majorité des sols sont composés de marqueterie de marbre aux motifs traditionnels, exécutés par des maâlems de Rabat. Les murs des pièces humides déclinent des zelliges auxquels l’architecte a donné des teintes et des arrangements contemporains.
Dans le hall de réception, les murs courbes sont habillés de grandes feuilles minérales reproduisant l’aspect du pisé, un rendu traditionnellement réservé aux maçonneries massives, ici obtenu sur huit à quinze centimètres d’épaisseur. La lumière, changeante selon les heures, achève de donner à l’espace sa respiration.