C’est à partir d’une photographie qu’elle dessine son modèle. Le motif est ensuite reporté sur une plaque de linoleum, puis sculpté à la gouge. Chaque linogravure demande entre 20 et 30 heures de travail. Un temps long porté par le goût du détail.
« C’est à la fois apaisant et stressant, parce que dans la gravure, il n’y a pas de retour en arrière possible », rappelle Élodie Rodrigo.
Une fois gravée, la plaque devient une matrice, encrée au rouleau avec une encre spécifique, puis imprimée sur papier.
L’immeuble Liberté, à Casablanca.
Les matrices ont une durée de vie limitée : elles s’usent et ne permettent qu’un nombre restreint de tirages. Les estampes sont donc proposées en éditions limitées.
Le Chellah, à Rabat.
L’immeuble Liberté sera le premier de la série « Mémoires gravées du Maroc ». Après Casablanca, la série s’est enrichie d’un second volet consacré à Rabat.
Élodie Rodrigo prévoit de poursuivre son parcours à Fès, puis à Marrakech, avec l’envie de graver, ville après ville, les architectures qui font la richesse du patrimoine marocain.
Des œuvres à retrouver lors du Grand Marché Vintage & Création au Sacré-Cœur, à Casablanca, le 19 septembre, et qui seront également disponibles au concept store du musée de Rabat dès la rentrée.
À bonne école
Originaire de Dordogne, Élodie Rodrigo intègre dès ses neuf ans un atelier de dessin, avant d’être formée par Maurice Albe, peintre et graveur. Maquettiste de presse pendant vingt ans, elle n’a jamais cessé d’enseigner le dessin, la peinture et la gravure en parallèle, et anime aujourd’hui un petit atelier privé à Casablanca, où elle est installée depuis 2008.
