Banksy à Marrakech : à quoi s’attendre ?

Une exposition non autorisée donne à voir, pour la première fois au Maroc, des œuvres originales de la légende de l’art urbain. Visite guidée.

Ce vendredi 6 février, en marge de la foire d’art contemporain africain 1-54, la galerie NoBorder est en fin d’accrochage d’une exposition qui intrigue déjà. Banksy à Marrakech ?

 
 
 
 
 
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L’intitulé annonce pourtant la couleur : « Banksy Universe Marrakech – Unauthorized Exhibition » n’est pas une exposition officielle de l’artiste, mais « un hommage à l’œuvre de Banksy ». Autrement dit, elle n’est pas autorisée par l’artiste, comme la majorité des expositions qui lui sont dédiées dans le monde. Le sujet fait d’ailleurs partie des FAQ sur son site internet :

Sur place, un des organisateurs, spécialiste et collectionneur de Banksy, nous fait la visite en avant-première.

Une trentaine d’œuvres s’étalent sur près de 300 m2 et deux étages, mêlant sérigraphies signées et numérotées, œuvres originales et reproductions – notamment pour des raisons de sécurité. A cela s’ajoutent des muraux réalisés par un artiste qui a reproduit à l’identique ses œuvres les plus emblématiques.

Le Welcome Mat, édité en 500 exemplaires, fait aussi partie de l’exposition. Il est réalisé à partir de gilets de sauvetage abandonnés sur les plages de la Méditerranée.

Au catalogue cependant, pas moins de 150 œuvres originales provenant de la propre collection de notre interlocuteur ou d’autres collections privées. « Ce sont des œuvres authentiques et authentifiables via Pest Control (l’entreprise de Banksy, seule à pouvoir authentifier ses œuvres, ndlr). On ne les expose pas toutes pour des raisons d’assurance et de logistique de transport », explique le collectionneur.

« Par exemple, celle-ci (un portrait de Kate Moss version Warhol, ndlr) est une œuvre qu’on a dans notre collection, mais comme elle vaut aujourd’hui 250 000 euros, on préfère exposer une reproduction. »

« Celle-ci, pour l’avoir, il fallait aller à l’hôtel de Banksy à Bethlehem. Entre 2017 et 2019, si on dormait là-bas, on pouvait en acheter une. Chacune est peinte à la main, donc unique », raconte un des organisateurs.

L’art et l’esprit

Derrière le pseudonyme de Banksy se cache l’un des mystères les plus tenaces du monde de l’art. L’artiste, vraisemblablement britannique, cultive depuis les années 1990 un anonymat absolu.

Sa signature artistique ? Le pochoir, qu’il utilise dans l’espace public pour délivrer des messages dénonçant les systèmes de domination, les absurdités politiques. Et de New York à Londres, de Paris à Venise, les murs du monde deviennent sa tribune. Parmi ses interventions les plus marquantes, celle réalisée en 2005 sur le mur de séparation de Gaza.

« On a essayé de rassembler le maximum de pièces, et une partie de l’argent récolté sera reversée à une association au Maroc, car faire de l’argent sur le dos de Banksy ne serait pas respecter l’esprit de ce qu’il dénonce », conclut l’organisateur, qui précise que le nom de l’association sera communiqué dans un second temps.

Galerie NoBorder

Depuis le 9 février 2026

100 DH plein tarif – 50 DH pour les Marocains et résidents – gratuit pour les moins de 12 ans

16 Derb Sidi Ali Ben Hamdouch, Riad Laarouss, Marrakech

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.