Crédit photo Brahim Taougar
Ce mercredi 8 avril à partir de 19h, la galerie Nadar inaugure Mémoires de fibres, troisième volet d’un cycle de cinq expositions pour célébrer 50 ans au service de l’art contemporain.
Après Impressions à Nadar en avril et Célébration du papier en septembre, cette nouvelle exposition s’attache à ce que la matière a de plus durable : des peintures sur toile et sur bois, des volumes en verre et en bronze.
Une cinquantaine d’œuvres couvrent quatre décennies, des années 1970 aux années 2010, et dessinent un panorama de la scène artistique marocaine. Mohamed Melehi, Farid Belkahia, Abderrahmane Rahoule, Malika Agueznay, Ahmed Ben Yessef, Fatiha Zemmouri, El Houssaine Mimouni, Abdelkader Laaraj, Smail Tirsi… Des pièces uniques, parfois monumentales, certaines inédites, qui ont jalonné l’histoire de la galerie depuis sa fondation. Et quelle histoire !
Un hommage à Leïla Faraoui
Leïla Faraoui a fondé la galerie en 1974.
En 1974, lorsque Leïla Faraoui ouvre une galerie dédiée à la création marocaine, le paysage culturel est dominé par l’orientalisme. L’enjeu est alors autant esthétique que politique.
Sa petite-fille Nihel Ouhafsa, qui gère aujourd’hui les archives de la galerie, se souvient d’un engagement total : « Elle était passionnée et gérait tout toute seule : curation, scénographie, journal d’exposition, communication, commercial… sur tous les fronts ! »
Mais ce qui lui tenait particulièrement à cœur, c’était la médiation, comme elle le confiait elle-même à Mohammed Mechouat : « La plus grande satisfaction que je tire de ce que je fais réside dans le contact avec le visiteur qui vient pour voir, discuter, et qui n’est pas forcément l’acheteur ou le public du peintre. »
Leïla Faraoui ne se contentait pas d’exposer les noms consacrés, elle cherchait les artistes émergents et les défendait, comme nous l’explique Nihel : « Elle avait à cœur de mettre en avant les jeunes artistes marocains ou en lien avec le Maroc, et à les aider à vivre de leur art. »
Son mari, l’architecte Abdesslam Faraoui, œuvrait lui aussi dans ce sens. Le cabinet Faraoui-Demazières a toujours intégré l’art dans ses projets, commandé des œuvres, tissé des liens entre création plastique et espace bâti. « Ils voulaient faire travailler des artistes et valoriser leur travail. Mais ce n’était pas que du travail, ils avaient surtout des relations amicales », précise Nihel Ouhafsa.
En cinquante ans, plus de cent artistes auront franchi les portes de la galerie Nadar. Plus de deux cents expositions et événements y ont été organisés. C’est précisément ce regard, celui d’une fondatrice dont les choix ont accompagné plusieurs générations d’artistes, que Mémoires de fibres donne à voir. Une ambition aussi : que perdure la vision de Leïla Faraoui, aujourd’hui portée par ses filles et petite-fille.
Galerie Nadar
« Mémoires de fibres »
Vernissage le mercredi 8 avril à 19h
Jusqu’au 13 mai 2026
Galerie Nadar, 5 rue Manaziz, Maârif, Casablanca