Photos Ismail Chraïbi
Dans l’entrée, une console sombre reçoit deux petites sculptures et un vase en céramique noire. Un miroir ovale et des appliques dorées complètent l’espace. En fond, une œuvre murale aux plis géométriques. Une poterie brute, posée au sol, accueille des palmes séchées.
La lumière avant tout. Elle entre par les baies, longe la piscine, traverse les chambres, pose une clarté douce sur des surfaces qui ne cherchent pas à la retenir. Cette villa à Marrakech se vit plus qu’elle ne se décrit. Les formes sont organiques, la palette réduite à quelques nuances de craie et de grège, les matières lisses sous la main. On s’y sent apaisé sans savoir exactement pourquoi, jusqu’à ce qu’on comprenne que tout a été pensé pour ça.
La salle à manger s’organise autour d’une table ovale en bois clair, entourée de chaises aux formes organiques et enveloppantes. Trois suspensions sphériques en plâtre ont été réalisées sur-mesure par des artisans. Les baies vitrées laissent la lumière filtrer.
L’orientation de la maison y est pour beaucoup. C’est que l’architecte Meryem Tazi en a tiré le meilleur parti : presque toutes les pièces donnent sur le jardin et la longue piscine en pierre de Bali. Dans les chambres, le salon, la salle à manger, le vert et l’eau sont partout en fond de scène. Seul le couloir échappe à cette clarté. Long, théâtral, privé de lumière naturelle, il aurait pu être une faiblesse, il est devenu une décision. C’est là que le noir entre dans la maison, comme une ligne qui prend naissance dans l’ombre et se prolonge dans chaque pièce, à intervalles soigneusement calculés : le téléviseur, la cuisine, le baby-foot. Discret mais constant, il structure sans alourdir, relie sans imposer. Un fil tendu entre deux clartés.
Le salon réunit des canapés aux formes organiques autour d’une table basse en pierre claire. Des sculptures en céramique sombre ponctuent la surface. Les lampes en plâtre blanc sont réalisées sur-mesure. En fond, le mur en pierre claire structure l’espace sans l’alourdir.
Pour que le dehors reste souverain, les revêtements ont été choisis pour s’effacer. De grandes dalles en céramique avec un léger rappel de travertin posent une base discrète, presque silencieuse.
Une chambre baignée de lumière donnant vue sur le jardin.
« Je ne voulais pas que le regard aille vers les revêtements », explique Meryem Tazi. Sur 245 m², plus 42 en sous-sol, cinq chambres en suite, des salons, des cheminées, une cuisine américaine et une salle à manger se succèdent sans jamais peser. Le mobilier suit la même logique. Formes organiques, lignes douces, rien d’anguleux. Les lampes ont été faites sur-mesure par un artisan, en plâtre.
La terrasse en bois longe la piscine en pierre de Bali jusqu’au salon enterré, organisé autour d’un brasero. Bougainvilliers et palmiers encadrent le jardin.
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