« Un projet pour les femmes, cela appelait des courbes, des formes organiques… le féminin. » À Nisaē, centre de santé et bien-être niché dans le quartier du CIL à Casablanca, l’architecte Imane Amri et la cofondatrice Salma Ksikes ont fait de cette première intuition un fil conducteur.
L’architecture épouse le corps : façades inclinées, ouvertures arrondies, et cet escalier hélicoïdal en béton brut qui s’élève comme une colonne vertébrale à travers les cinq niveaux. Autoportant, ne touchant ni les murs ni les dalles, il a cristallisé leur exigence commune.
Pourtant, le terrain ne promettait rien : 160 m² au sol, 80 m² constructibles par étage, coincé en bande entre deux propriétés. « On est sur le boulevard Ibn Sina, pas de vue ni devant ni derrière. Et on a réussi à en faire un endroit où l’on se sent bien », résume Salma Ksikes.
La piscine chauffée au sel, dédiée à l’aquayoga et à l’ostéopathie aquatique.
Pour libérer les espaces de toute contrainte structurelle, Imane Amri a opté pour une dalle post-tension, soit ni poteaux ni poutres, et des hauteurs généreuses à chaque niveau.
Dans les salles de Pilates et de yoga en sous-sol, elle a choisi de laisser apparentes les nervures de cette dalle. L’esthétique industrielle contraste avec la douceur des espaces d’accueil, habillés de travertin local décliné en multiples finitions, au sol et en bardage.
L’accès aux vestiaires et aux douches. Les arches adoucissent la transition entre les espaces.
Comment éclairer des espaces enterrés ? Des soupiraux disposés de part et d’autre de l’entrée alimentent les salles de soins en lumière naturelle et en ventilation. « Il n’y a aucune pièce aveugle », assure Salma Ksikes.
Une verrière zénithale prolonge cette quête de clarté dans la salle de Reformer, où le lierre grimpe le long des murs, brouillant la frontière entre intérieur et extérieur.
Malgré un budget serré, pas question de sacrifier la qualité des matériaux. Du bois, de la pierre, pas de carrelage. Menuiseries, casiers, mobilier : tout a été dessiné sur-mesure, paradoxalement plus économique que l’achat de pièces standards.
La salle de Reformer en sous-sol. Sa verrière zénithale laisse entrer la lumière tandis que le lierre grimpe le long des parois.
Sur cinq niveaux se déploient consultation gynécologique, salles de soins, piscine chauffée au sel pour l’aquayoga et l’ostéopathie aquatique, et un rooftop où se tiennent dîners thématiques et rencontres entre femmes. Un lieu pensé par elles, pour elles.