L’Atlas d’abord

À trente minutes de Marrakech, Sarah Poniatowski a construit la maison qu'elle avait en tête depuis longtemps. Un projet intime, dicté par le paysage.

Photos CÉCILE TRÉAL

L’allée d’entrée, bordée d’oliviers taillés et de cactus, mène vers le portail arqué. En fond, la silhouette de l’Atlas.

La montagne s’impose avant même que la maison ne se révèle. C’est pour elle que Sarah Poniatowski a choisi ce terrain nu, à trente minutes de Marrakech, la ville qui ne l’a plus lâchée depuis que son père lui a fait découvrir le Maroc. La fondatrice de la marque Maison Sarah Lavoine choisit de construire depuis l’origine. « Rénover implique de dialoguer avec une structure existante, avec des contraintes déjà là. Ici, j’avais envie d’une page blanche. »
Une maison qu’elle a pensée, dit-elle, « comme un refuge, mais aussi comme un lieu de partage », avec sept suites aux caractères distincts. Une propriété que Stella de Bagneux a retenue pour sa collection de maisons d’exception.

Depuis le seuil d’entrée, une arche en tadelakt rose encadre la perspective vers le jardin et les sommets enneigés.

Le chantier, conduit avec le studio EH Architectes, s’est construit dans un dialogue constant entre structure et atmosphère. « L’architecture et la décoration ne sont jamais vraiment séparées dans ma manière de concevoir un projet », souligne Sarah Lavoine. Les architectes ont porté les volumes et l’inscription de la maison dans le paysage, tandis qu’elle travaillait les matières, les couleurs et la relation entre les espaces, chacun nourrissant la réflexion de l’autre.

Le salon joue sur les contrastes : matières brutes, mobilier vintage, la cheminée noire et le paysage.

La présence de l’Atlas était tellement forte qu’il aurait été impossible de l’ignorer. Les ouvertures, les axes, les terrasses ont tous été orientés pour capter cette ligne de montagnes. La maison alterne entre ouverture sur le paysage et retrait vers des espaces plus enveloppants, les seuils avec le jardin volontairement effacés. Le jardin paysager a été confié à Pascal Lopez.

La cuisine, avec son zellige vert en crédence, son îlot vert et son sol en terrazzo bleu nuit. Des suspensions rouges en métal ponctuent l’ensemble.

Le tadelakt, le zellige, le pisé sont présents, mais utilisés avec retenue. « Les matériaux parlent d’eux-mêmes. Je les ai utilisés pour laisser apparaître leur beauté. » Le même principe guide la couleur : chaque suite a sa propre identité chromatique, des bleus profonds aux tonalités minérales, toutes inspirées par la lumière marocaine. « Dans un lieu aussi personnel, la couleur devient presque émotionnelle. »

Une chambre dont le plafond à poutres aubergine affirme son identité chromatique. Couvre-lit en broderie rose fuchsia, portes bleu-vert.

La décoration mêle pièces de son univers créatif, mobilier vintage italien et objets marocains chinés. « J‘aime les maisons qui racontent plusieurs histoires à la fois. Dans une maison personnelle, on se permet davantage de liberté. » Les espaces communs ont été pensés pour différents moments de la journée : repas, conversation, lecture, sport, jardin. C’est ce qui fait vivre la maison.

La piscine et ses espaces de repos dans le jardin imaginé par Pascal Lopez.

Pour se recentrer, elle revient toujours au même endroit : une terrasse tournée vers l’Atlas, le matin ou au coucher du soleil, quand la lumière change et que la montagne devient presque abstraite. Un endroit très simple, presque silencieux.

La terrasse couverte : banquette aux coussins verts, sol en zellige en chevrons bleu-vert et moucharabieh. L’Atlas en toile de fond.

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.