Maison&Objet 2026 : la sélection de Kenza Squalli

L'architecte d'intérieur et fondatrice de K-STUDIO partage ses découvertes et ses adresses parisiennes incontournables.

Le Transformisme, fil rouge de cette édition

Lors de cette édition placée sous le thème « Past Reveals Future », Kenza Squalli a trouvé une résonance particulière avec sa propre pratique. « Cette thématique me ramène à mes débuts dans l’art, lorsque je choisissais de réutiliser les matériaux qui m’entouraient plutôt que de les jeter. Une démarche intuitive qui me permettait de redonner vie à des objets laissés pour compte. »

Harry Nuriev, sacré Designer de l’Année avec Crosby Studios, incarne cette philosophie à travers ce qu’il nomme le Transformisme : détourner objets et matériaux existants pour les métamorphoser en formes inattendues. « Le Transformisme m’interpelle particulièrement car il fait écho à une problématique contemporaine majeure : la surconsommation. Transformer l’existant devient alors un acte à la fois créatif, esthétique et engagé. » À découvrir : sa collaboration avec Baccarat autour du lustre Zénith, exposée à Saint-Germain-des-Prés. Cette réflexion a également rappelé à l’architecte d’intérieur le travail d’Ellen Hodakova Larsson, lauréate du Prix LVMH 2024, et celui de Moffat Takadiwa, artiste zimbabwéen qui assemble touches de clavier et bouchons de bouteilles en tapisseries monumentales, découvert pendant Paris Déco Off.
 

Johan Pertl, la matière en lévitation

Parmi les révélations du salon, le travail de Johan Pertl pour Curatio. « Ses pièces semblent suspendues entre deux états : le minéral et le translucide, le brut et le délicat. La roche paraît flotter. La résine se fissure comme une terre asséchée, décrit Kenza Squalli. Les formes ne sont ni tout à fait objets, ni tout à fait sculptures : elles habitent l’espace comme des présences. »

 
 
 
 
 
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Chez ce jeune designer, la matière raconte le temps, l’érosion, la fragilité. « Un univers minimal, presque sacré, qui résonne avec ma sensibilité pour les pièces qui dépassent la fonction pour toucher à l’émotion. »

Fab.Brick, quand le textile devient pierre

Fondé par Clarisse Merlet, Fab.Brick transforme des déchets textiles en briques et panneaux de construction. « Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est cette capacité à faire disparaître l’origine du matériau pour lui donner une nouvelle noblesse. À première vue, on croit voir du terrazzo, du granit. Puis on s’approche, et l’on découvre une autre lecture : celle du recyclage, du réemploi. »

 
 
 
 
 
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Le mobilier présenté démontre que cette matière n’est pas seulement expérimentale, mais pleinement architecturale. « Fab.Brick incarne parfaitement cette philosophie du transformisme que j’affectionne tant : partir de l’existant, du délaissé, pour créer du beau, du fonctionnel, du durable. »

Fresh.Glass, le verre comme matière vivante

Véritable coup de cœur de cette édition, ce collectif russe explore le verre fusionné dans ce qu’il a de plus tactile et émotionnel. « Chez Fresh.Glass, le verre n’est plus une surface lisse et décorative : il devient matière vivante, texturée, presque organique. Travaillé, moulé, fusionné, il capte la lumière, la fragmente, créant des effets vibrants qui transforment la perception de l’espace. »

 
 
 
 
 
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Leur force : penser le verre à toutes les échelles, de l’objet sculptural à l’élément architectural monumental. « Ce qui fascine, c’est cette manière de brouiller les frontières : entre fonction et art, entre objet et espace, entre lumière et matière. Une approche qui résonne avec ma sensibilité pour les matières qui racontent quelque chose. »

L’ensemble Copacabana de Mathieu Matégot

À la Galerie Richard, dans le cadre de Paris Déco Off, l’ensemble Copacabana a constitué une émotion particulière. « Un dessin d’une simplicité magistrale : du métal ajouré, une ligne continue, et cette légèreté visuelle qui semble presque faire flotter l’assise. »

Mais c’est un aspect méconnu de l’histoire de Matégot qui a touché Kenza Squalli : après Paris, le designer installe une partie de sa production à Casablanca. « Cet ensemble a été pour moi un véritable coup de cœur. Encore davantage lorsque j’ai découvert ce lien fort avec Casablanca — ma ville natale, ma ville de cœur — que j’associe profondément à l’Art déco, dont nous célébrons aujourd’hui le centenaire. Une résonance intime entre design, histoire et mémoire des lieux. »

Pia Maria Raeder, la lumière comme organisme vivant

À la Galerie BSL, le travail de Pia Maria Raeder se découvre comme une apparition. « Ni tout à fait luminaire, ni tout à fait sculpture, ses pièces semblent issues du monde marin ou végétal — comme si la nature avait été figée dans un instant de mouvement. »

 

 
 
 
 
 
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La série « Sea Anemones » en est l’exemple le plus saisissant : des centaines de tiges fines composent une peau vibrante qui capte et diffuse la lumière avec une douceur organique. « Ce qui fascine, c’est cette tension entre la rigueur du procédé et la poésie du résultat. Des pièces qui dépassent la fonction pour entrer dans le champ du sensible — exactement cette frontière que j’aime explorer dans mes propres projets. »

Ses adresses parisiennes

Saint Laurent Babylone — « Plus qu’une librairie, plus qu’une galerie, c’est un lieu hybride où se rencontrent mode, art, design et culture avec une élégance rare. » Au 9 rue de Grenelle, une sélection pointue de livres rares, pièces de design et vinyles vintage sous la direction d’Anthony Vaccarello. « Un sanctuaire créatif où le temps ralentit. »

 
 
 
 
 
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FCC / Flâneur Coffee Club — « Le coffee shop le plus design de Paris. Dès que l’on pousse la porte, l’identité du lieu s’impose : le métal, le verre, les surfaces polies. Le mobilier en aluminium brossé n’est pas un simple choix esthétique, c’est une signature. Un lieu qui me rappelle combien la matière peut être une véritable signature d’espace. »

 
 
 
 
 
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Le Musée des Arts Décoratifs — « Plus qu’un musée, le MAD est pour moi une source inépuisable d’inspiration. » En cette année du centenaire de l’Art déco, le musée consacre une exposition exceptionnelle visible jusqu’au 26 avril 2026. « Cet héritage résonne particulièrement avec Casablanca, considérée comme l’un des plus grands témoins mondiaux de l’architecture Art déco. »

 
 
 
 
 
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Ogata — « Une halte devenue indispensable. Un lieu à part, presque hors du temps. Dès l’entrée, le tumulte parisien s’efface. C’est un lieu qui me permet de me reconnecter à l’essentiel : la simplicité, la justesse, l’harmonie. »

 
 
 
 
 
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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.