Kasbah Oufella, la gardienne d’Agadir

Après quatre années de travaux, la Kasbah d’Agadir Oufella, un joyau classé patrimoine national protégé, vient d’être réhabilité et s’ouvre au public.

Surplombant la ville à 236 mètres, la Kasbah d’Agadir Oufella se dresse comme une gardienne silencieuse du passé de la région. Impossible de passer à côté de ses murailles nouvellement immaculées, la forteresse veille sur la ville depuis le XVIe siècle, époque où elle protégeait les habitants contre les invasions majoritairement portugaises. Mosquée, hammam, mausolée ou encore habitations, une authentique cité évoluait au sein de ces enceintes.

60 ans après le tremblement de terre, la Kasbah a été réhabilitée pour permettre aux visiteurs de s’y recueillir et de découvrir ce lieu symbolique de l’histoire marocaine

Cette vie paisible s’est brusquement arrêtée lors du séisme d’Agadir en 1960. Très sévèrement endommagée, la Kasbah est détruite à 90%. Seuls quelques remparts restent les vestiges de la grandeur passée. Des murs empreints d’histoire qui présentent des signes du temps à travers les réparations et les patines. Ces témoins silencieux de ce site emblématique se devaient d’être réhabilités.

L’ascension vers la Kasbah est récompensée par une vue panoramique à couper le souffle. Les visiteurs peuvent contempler les couleurs d’Agadir qui fluctuent en harmonie avec le soleil.

60 ans après ce terrible événement et grâce au Programme Royal de Développement Urbain d’Agadir 2020-2024, un budget de 120 millions de dirhams a été accordé.  L’architecte Salima Naji a été choisie pour sa restauration. Elle a voulu une architecture traditionnelle et des méthodes ancestrales respectueuses de l’environnement. Sur le chantier, les matériaux sont, dans la mesure du possible, locaux. « Avec l’inflation de l’acier et l’inflation du béton, évidemment toutes ces questions sont devenues cruciales », affirme l’architecte éco responsable sur son site. Si cette dernière porte essentiellement sur les remparts et les tours, tout un circuit de visite intra-muros a été créé ainsi que l’aménagement des lieux saints historiques et du mémorial.


Par bus, téléphérique, voiture et même à pieds pour les plus téméraires grâce à un chemin de randonnée de 2,8 km aménagé depuis Agadir, ce lieu du patrimoine attire désormais des visiteurs du monde entier. Un parcours surélevé de passerelles en bois retrace l’historique des anciennes ruelles et places, permettant le temps d’une heure, d’explorer les secrets de la citadelle et de son architecture saadienne.

La stratigraphie, les sondages archéologiques et les prélèvements multiples, ont permis de découvrir une chronologie constructive sur au moins cinq siècles de la forteresse

Et pour les amoureux de la nature, des sentiers botaniques sont équipés de dispositifs pédagogiques pour découvrir la faune et la flore avoisinantes. La Kasbah et son sharji (bassin), les citernes et les tombeaux constituent un parc naturel où la quiétude et la sérénité règnent.

La Kasbah d’Agadir Oufella est véritablement un trésor du patrimoine culturel qui résiste vaillamment à l’épreuve du temps. Celle qui pendant des siècles symbolisait la puissance de son port au carrefour des grandes routes reliant l’Afrique, l’Europe, et l’Asie, incarne désormais une fenêtre ouverte sur l’histoire du Maroc.

Inscription à la Newsletter

Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.