La nouala revisitée par une jeune architecte marocaine.
À partir de ce jeudi 29 octobre 2026, le Jardin Majorelle dévoile « Nouala, le refuge mobile », son deuxième Pavillon Temporaire, installé dans le jardin de la Villa Oasis.
Un abri rural réinterprété
Le nom du projet vient de la nouala, cette cabane traditionnelle de roseaux et de chaume que l’on construit dans les campagnes marocaines avec les ressources disponibles sur place.
Salsabil El Ouazzani, diplômée de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), s’est appuyée sur cette mémoire commune pour concevoir une structure contemporaine, légère et démontable. Les matériaux sont simples et naturels, et l’assemblage privilégie la sobriété et la réversibilité.
La jeune architecte Salsabil El Ouazzani, et Madison Cox, président de la Fondation Jardin Majorelle.
Le pavillon se veut un lieu de transition et de contemplation. Il invite à avancer au milieu de la végétation et à vivre le jardin de façon plus intime.
Une lauréate choisie parmi 34 candidatures
Salsabil El Ouazzani a remporté le 15 mai 2026 la deuxième édition du prix Fondation Jardin Majorelle, un concours réservé aux architectes marocains de moins de 40 ans.
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Trente-quatre projets ont été présentés, venus notamment des écoles d’architecture de Rabat, Casablanca et Marrakech, de l’école Euromed de Fès et de l’UM6P de Ben Guérir.
Le jury, réuni autour de Madison Cox, président de la Fondation, comprenait Karl Fournier (cofondateur de Studio KO), l’architecte et anthropologue Salima Naji et Alexis Sornin, directeur du musée Pierre Bergé des arts berbères et du musée Yves Saint Laurent Marrakech. « Un vote à l’unanimité, souligne Madison Cox au micro de Maisons du Maroc. La seule contrainte était qu’on voulait pouvoir faire de cet espace, qui va rester 18 mois, un espace d’exposition. »
Le jury a salué le choix des matériaux, la délicatesse avec laquelle la structure s’insère dans la végétation, la précision du dessin et le réalisme de sa réalisation.
« Ce jardin est iconique, tout le monde le connaît ou en a vu des images, et il est intéressant pour nous de proposer, au bout de cette allée, ce projet inattendu », revient Madison Cox.
Pour Salsabil El Ouazzani, l’idée était de retravailler de façon contemporaine cette architecture traditionnelle, rurale. La démarche conceptuelle est respectée, explique la jeune architecte, « car la nouala consiste à construire à partir de matériaux trouvés sur place, donc ici, c’est du palmier qui fait écho à la culture végétale du Jardin Majorelle ».
« Il y a six mois j’étais étudiante, j’avais ce projet dans mes croquis, je voulais juste constituer mon portfolio, et aujourd’hui, je vois ce projet devant moi, confie-t-elle. C’est une expérience très spéciale pour moi, qui m’accompagnera pour toujours. »
Une architecture qui change tous les deux ans
Né dans le sillage du centenaire du Jardin Majorelle, le Pavillon Temporaire se renouvelle tous les deux ans. Chaque édition est confiée au lauréat du prix, ce qui fait de l’un des sites culturels les plus fréquentés du Maroc un espace d’expérimentation pour les jeunes talents.
La nouala abrite une exposition sur les oiseaux du jardin.
Les oiseaux du jardin à l’honneur
Le pavillon abrite l’exposition « Les oiseaux du Jardin Majorelle », présentée depuis avril 2026. Plus d’une trentaine d’espèces, insectivores, granivores ou omnivores, fréquentent le jardin au fil de l’année.
Le parcours explique pourquoi elles s’y plaisent : une végétation étagée des herbacées aux grands arbres, des recoins propices à la nidification, des points d’eau pour boire et se baigner, et une gestion qui bannit les produits phytosanitaires toxiques et préserve la richesse des sols.
Trois spécialistes ont apporté leur expertise scientifique : Raphaël Musseau, Rhimou El Hamoumi et Mohamed Radi.
Pavillon Temporaire, jardin de la Villa Oasis, Jardin Majorelle, rue Yves Saint Laurent, Marrakech