Salima Naji, une reconnaissance pour plus de vingt ans d’engagement
Installée à Tiznit depuis 2008, Salima Naji a fondé son agence au Maroc en 2004 avec une conviction : privilégier les matériaux premiers et les techniques biosourcées plutôt que les solutions constructives standardisées.
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Le projet primé, Living Heritage Center (Centre du patrimoine vivant), prend place à l’intérieur des remparts historiques de la ville de Tiznit (1810), dans un bâtiment entièrement construit en pisé.
Le musée relie architecture et patrimoine immatériel à travers une collection d’architecture vernaculaire, présentée sous forme de sanctuaires et de fragments construits sur place, à l’échelle, par des maîtres artisans.
Un lieu qui rassemble toutes les techniques traditionnelles : « Je voulais un lieu qui ne soit pas seulement un musée de Tiznit, mais une porte d’entrée vers tout l’Anti-Atlas », confie Salima Naji à Maisons du Maroc.
Le Living Heritage Center, à Tiznit. Photo Guy Timel
Interrogée par la MAP à l’issue de la cérémonie, l’architecte s’est dite profondément touchée par ce prix, qu’elle a décrit comme la reconnaissance de plus de deux décennies de travail sur un patrimoine tourné vers l’avenir.
Le jury a pour sa part salué un projet qui réactive matériaux locaux et techniques ancestrales à travers une architecture contemporaine, rappelant que l’innovation peut aussi naître d’une meilleure compréhension de l’existant.
Salima Naji est Chevalier des Arts et des Lettres depuis 2017 et a également reçu la Grande Médaille d’or de l’Académie d’architecture française. Elle est aussi l’autrice de plusieurs ouvrages, dont Architecture du bien commun, pour une éthique de la conservation.
Un palmarès international, cinq catégories
La cérémonie s’est tenue en présence d’Anne-Claire Legendre, présidente de l’IMA, à l’occasion de la Paris Design Week.
Présidé pour cette quatrième édition par l’architecte égyptienne Shahira Fahmy, le jury a distingué des créateurs suivants :
- Talent émergent : Aseel Alamoudi (Arabie saoudite), pour Playformation, des assises inspirées des formations rocheuses d’AlUla.
- Artisanat contemporain : le duo Altin – Yasmine & Mehdi (Tunisie – Arabie saoudite), pour Our AlUla Trilogy, trois pièces en bois de palmier et fibres végétales nées d’une résidence à AlUla.
- Prix de l’Impact, Arab Bank Switzerland : Christopher Ghoussoub, du Foukhar Studio (Liban), pour son travail de transmission de la poterie traditionnelle du village de Beit Chabeb.
- Prix du jury : l’architecte jordanien Sahel Alhiyari.
- Prix du public, nouveauté de cette édition, attribué par vote en ligne : Areen Hassan (Palestine – Liban – Émirats arabes unis), pour l’installation textile Weaving the Land Back.
- Grand Prix : Salima Naji (Maroc).
Au total, 26 projets issus d’une dizaine de pays étaient en lice cette année pour ce concours créé en 2023, devenu, selon la présidente de l’IMA, un rendez-vous incontournable de la Paris Design Week.
Cinq créateurs marocains (pour quatre projets) figuraient parmi les finalistes toutes catégories confondues, confirmant le rayonnement croissant de la création marocaine sur la scène internationale.
Les œuvres des finalistes et des lauréats sont exposées à l’IMA, à Paris, jusqu’au 20 septembre 2026.