Studio Cherradi, Tétouan vintage

La Galerie 127 célèbre son vingtième anniversaire en exhumant les trésors d’un maître oublié de la photographie marocaine.

Il aura donc fallu attendre 2026 pour que le grand public découvre l’ampleur du legs de Mohamed Benraida, dit Cherradi (1939–2018).

Figure tutélaire mais longtemps confidentielle de la photographie de studio au Maroc, ce natif d’Asilah installé dès les années 1950 à Tétouan y a patiemment constitué une chronique visuelle d’une richesse rare. De quoi convaincre Nathalie Locatelli de rouvrir temporairement sa galerie, officiellement fermée depuis 2024.

Anthropologie

 

Le photographe Mohamed Benraida, dit Cherradi.

Depuis son studio du 23 boulevard Mohammed-V, Cherradi a capté pendant plusieurs décennies les mouvements d’une ville à la croisée des mondes. Capitale du Protectorat espagnol jusqu’en 1956, Tétouan voyait cohabiter musulmans, juifs, chrétiens, Marocains et étrangers.

Les portraits en noir et blanc du photographe témoignent de cette mosaïque culturelle, documentant fêtes, cérémonies, moments d’intimité familiale… 

Les photographies témoignent d’une ville multiculturelle.

Au-delà de la valeur patrimoniale de son travail, Cherradi a su développer une véritable signature esthétique.

Poses solennelles, clair-obscur rappelant les codes du Studio Harcourt, scénographies élaborées flirtant avec un certain second degré… La lumière, sculptée avec une précision d’orfèvre, rend l’ensemble presque cinématographique.

Cherradi avait le goût des mises en scène — avec parfois un second degré d’un autre temps.

Le travail de Cherradi constitue aussi un contrepoint radical aux représentations orientalistes produites par les photographes occidentaux de l’époque.

Un corpus colossal

Le photographe Jamal Mehssani, dépositaire de ces archives, dispose de milliers de négatifs encore inexploités.

Les tirages argentiques présentés à la Galerie 127 — parmi les plus anciens de la collection — n’en sont qu’une sélection minutieuse.

 
 
 
 
 
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Trois formats de cinq éditions sont proposés pour chaque photographie. Leur acquisition financera directement l’étude scientifique de l’archive, la numérisation des négatifs et la production de futurs tirages, explique Nathalie Locatelli.

Collectionner Cherradi, c’est donc contribuer à faire émerger un pan de l’histoire photographique maghrébine.

Jusqu’au 7 mars 2026, du mardi au samedi, de 11h à 19h

Galerie 127

127, avenue Mohammed-V, Marrakech

06 61 33 99 53

 

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.