Terres connectées

Fondatrice de la 1-54, foire de référence pour l'art contemporain africain, Touria El Glaoui dévoile les nouveautés de la 7e édition marocaine.

Touria El Glaoui à La Mamounia.
© Emmanuel Andre

Cinquante-quatre pays composent le continent africain, d’où le nom de la foire que Touria El Glaoui a lancée à Londres en 2013. Treize ans plus tard, la 1-54 rayonne sur trois continents.
Cette année, la septième édition marocaine se tiendra du 5 au 8 février, uniquement à La Mamounia. Un choix assumé : « Moins il y a de galeries, plus il y a de ventes pour chacune. » En période de ralentissement mondial du marché de l’art, Touria El Glaoui préfère resserrer plutôt qu’étendre.

Ines-Noor Chaqroun, AiMe my Ms, 2021, Oil, wool, and acrylic spray on canvas, 100 x 150 cm. La Galerie 38.

Le programme 2026 mise sur deux projets institutionnels. Au Musée de la Parure, l’artiste Elladj Lincy Deloumeaux présente un solo show après quatre mois de résidence à Marrakech, soutenu par Loft Art Gallery et Cécile Fakhoury

Marcel Gotène, Sans titre, 1968, 50 x 70 cm. Loeve&Co.
© Fabrice Gousset.

Au MACAAL, Prune Nourry installe « Statues Also Breathe » : cent têtes de céramique réalisées avec des étudiants nigérians, évoquant les jeunes filles enlevées par Boko Haram. Le projet fait ici sa première mondiale. Côté galeries, un noyau marocain fidèle — Galerie 38, Atelier 21, Loft Art Gallery, African Arty, MCC — côtoie des enseignes de Luanda, Lusaka ou Tunis. « On favorise toujours un quota pour les galeries marocaines. Mais la foire ne doit pas être que marocaine », insiste Touria El Glaoui.

Mehdi-Georges Lahlou, Au Décor Al Farouzi, Pot à Beurre, 2022, 132 x 17 x 24 cm. Loft Art Gallery.

L’édition 2025 avait affiché des résultats solides : « Aucune galerie ne s’est plainte, que des sold-out.» Mais pour 2026, la fondatrice reste prudente, et son objectif dépasse les ventes : faire entrer toujours plus d’artistes africains dans les collections muséales. Plusieurs institutions viendront cette année avec leurs mécènes. 

M’barek Bouhchichi, Ce que je suis, ce que nous sommes, 2025, 160 x 270 cm. L’Atelier 21.

Et après ? La 1-54 prépare un retour à Paris sous forme de pop-up, et lorgne la côte ouest américaine. En 2027, le Ramadan décalera l’édition marocaine à mars, libérant février pour tester Los Angeles. « Il y a beaucoup de potentiel sur la côte ouest », glisse Touria El Glaoui, qui ira repérer les lieux dès cette année.

Malika Sqalli, Women are lunar – Les femmes sont lunaires, 2025. 112 x 140 cm. MCC Gallery.

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Un valet en bronze dessiné par Isabelle Stanislas et fabriqué par les Ateliers Bataillard, une ferronnerie d’art centenaire. Le long du mur, une série de photos de voyage de son ami Jérôme Petit.